La bibliothèque de Nantes l’abritait sans le savoir depuis 130 ans.
C’est une découverte à rendre jaloux les explorateurs les plus chevronnés. Le 6 décembre, des fragments d’un manuscrit de Léonard de Vinci (1452-1519) ont été retrouvés à la bibliothèque municipale de Nantes.
Authentifié immédiatement par un expert italien, Carlo Pedretti, ce manuscrit de quelques lignes, haut de 10 cm et large de 20, est écrit sur du coton de chiffon, en italien et en dialecte lombard.
Sa spécificité : il est rédigé avec la fameuse écriture en miroir, qui consiste à écrire de droite à gauche, en formant chaque lettre en sens inverse du sens habituel.
Pourtant, ce n’est pas à un grand découvreur que l’on doit cette trouvaille mais à Guillaume Lecaplain, un jeune journaliste nantais de 31 ans qui travaille au quotidien régional Presse Océan.
En vacances à Milan, en septembre, il découvre l’univers de Léonard de Vinci et se passionne pour le peintre. A son retour, il se rend à la bibliothèque de Nantes et emprunte la biographie de Serge Bramly sur le génie toscan.
Un détail dans l’ouvrage attise alors sa curiosité. L’auteur écrit en effet qu’un extrait d’un carnet de Léonard de Vinci serait archivé à Nantes. Immédiatement, il contacte la médiathèque. Deux semaines plus tard, le Graal est exhumé.
Incroyable mais vrai !
L’extrait du carnet dormait dans un fonds d’archives donné en 1872 par un certain Pierre-Antoine Labouchère, artiste peintre, mais surtout collectionneur.
Alors, que raconte ce fragment de manuscrit qui daterait de 1504 ?
Il est en cours de décodage, mais quelques pistes commencent à s’esquisser. Selon un historien italien, spécialiste de Léonard de Vinci, il s’agirait de “notes sur l’air et le vent, en rapport avec une étude sur le vol des oiseaux”.
Mais ce manuscrit nantais n’est qu’une partie de page. Une autre a été retrouvée en Italie. Manque désormais un troisième fragment pour reconstituer l’ensemble du manuscrit.
Avis aux découvreurs !

Le fragment de manuscrit de Léonard de Vinci, rédigé selon son habitude de gaucher dans une écriture spéculaire, ou “écriture en miroir”